In Situ (en cours)

« Au moment où le corps se perd dans le décor, l'esprit vagabonde dans un univers aussi vaste qu'intime. »

La fuite mentale est un phénomène qui me touche personnellement d’une manière incoercible. C’est un processus qui se met en place inconsciemment avec une mécanique des gestes et de la communication. Mon esprit ainsi isolé peut alors se retrouver dans l’introspection et la méditation, à la recherche du sentiment océanique . Il peut m’arriver de m’évader ainsi à mon insu pendant plusieurs jours. Le retour à la réalité se fait souvent dans une torpeur excessive, en réaction au « malaise de la civilisation » .

Certains personnages choisissent un endroit agréable pour éprouver leurs émotions seuls. D’autres, contraints dans un espace, se déplacent par la vision ou le rêve. Le conscient fait alors place à un voyage dans un décor intime. Dans ces images, même si la conscience est absente, l’enveloppe corporelle se fond ou se heurte au lieu. Il se crée alors un rapport, parfois contrasté, qui emmène le spectateur par simple projection dans l’émotion d’un moment.

La place du spectateur . Pour aborder ce propos, j’ai cherché l’anti-théâtralité afin de permettre aux personnages d’éviter toute confrontation avec le spectateur. La pose suggère l’oubli de soi, « l’absorbement » . L’objectif est de pouvoir captiver le spectateur et susciter l’empathie. La clé est alors la résonance du personnage avec le lieu, par son appropriation ou son détachement. J’ai voulu illustrer la pluralité des moments et des processus d’absence avec des images différentes. La lecture apporte une autre dimension à la globalité et à l’espace. Cela impose la place de chaque image et des images entre elles. En résonance. In situ.

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