Francis MALAPRIS

 

/ Une nuit au chaud (reportage)

Une nuit au chaud (reportage)

Hiver 2017-18, le froid saisit la France et Lyon en particulier. Des personnes d'horizons différents, réunies spontanément par Facebook, décident d’agir pour aider les sans-abris et rapidement un rendez-vous est donné. Le groupe se nomme "Une nuit au chaud".

Gare de Perrache, samedi 13 janvier 2018, un matin glacial de plus. Des personnes se rassemblent avec des provisions et beaucoup de chaleur humaine, les idées se mêlent dans cette bande pleine de bonnes intentions. Elle est animée par l’empathie, la pitié, la culpabilité et puis cette impression que rien n’est fait, puisque là, sous nos yeux, par -5 degrés Celsius, il y a des gens qui mendient encore dans la rue. Il faut faire quelque chose, absolument. Nécessairement.

Certains membres ont connu la rue, sujet sensible, d’autres n’ont encore jamais parlé à un « sans domicile fixe », terme officiel étrange tellement il semble détaché du terrain. Il y a aussi des enfants et des ados. Le groupe et sa logistique interrogent déjà le regard des passants, qui hésitent dans leur jugement, puis finissent par passer, comme prévu. La motivation du rassemblement, elle, est réelle, alors vient le départ, avec l'objectif de trouver des sans-abri. Première surprise : il y en a peu. Et quand ils en trouvent un, ils donnent, beaucoup, peut-être trop, à des gens qui ne s'y attendaient pas, ou plus. Le don sans contrepartie peut surprendre et faire peur. Et là c'est presque trop beau, c'est Noël après l'heure.

Etrangement, une sorte de frustration apparaît. Petit à petit, le groupe se rend compte que cela doit rester humain et que le geste ne suffit pas. Il faut aussi des mots, des intentions, oserais-je : un échange. Mais pour cela il faut sortir de sa zone de confort et un minimum d'empathie pour comprendre l'autre, le SDF, le camé, l'alcoolo, le roumain, le clochard... Alors, face aux hésitations, certains prennent les devants et se lancent. Les mots sortent, petit à petit et un dialogue se construit autour de sourires bienveillants. En regardant bien, même si elle n'en a plus tous les atouts, il y a bien une personne, entière, derrière ce cliché, devant cette boutique, qui solde.

On y croyait plus, mais si, la presse est là, qui prend le coche, en quête de terrain. Les discussions deviennent des interviews, avec toute la bienséance nécessaire. La démarche perd de son intention, mais qu'importe, puisque les cadeaux sont là et les mots sortent, c'est bien le principal. Certaines personnes du trottoir parlent, d'autres pas, peut-être par peur qu'on reconnaisse leur accent ou qu'on les juge. Mais c'est Noël pour tout le monde aujourd'hui, même si on n’y croit pas.

Le groupe arrive finalement sur la place centrale de Bellecour et le soleil est au rendez-vous. Un homme joue de la guitare, il apprécie la brioche mais préfère qu'on l'écoute. Peut-être n'a-t-il pas compris que cela était peut-être un peu trop "joyeux" pour le groupe, qui poursuit sa route vers le quartier touristique de Saint-Jean.

Il est difficile pour le groupe de comprendre comment un enfant peut se retrouver aussi démuni et faire la manche avec son parent, sur le trottoir. Alors on donne, on donne, pour aider et déculpabiliser. Il faut bien faire quelque chose, ça ne se fera pas tout seul. Et on cherche les autres personnes dans le besoin, mais on ne les trouve pas.

Finalement, arrivé à Saint Paul, après avoir remplis les bras d'un couple de punks-à-chiens alcoolisés et souriants, le groupe se dissout petit à petit. Il reste encore plein de choses à donner. Ce n'est pas grave, on trouvera bien sur le chemin.

Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris
Une nuit au chaud - CC BY-NC-ND 4.0 - Francis Malapris