IN SITU

« Au moment où le corps se perd dans le décor, l'esprit vagabonde dans un univers aussi vaste qu'intime. »

La vacuité du quotidien provoque parfois des choses inattendues. Dans mon cas, c'est la fuite mentale, d’une manière incoercible. Cet isolement se met en place inconsciemment, laissant à ma place un automate avec une mécanique rodée des gestes et de la communication. Mon esprit se retrouve alors dans un état méditatif, entre sentiment océanique et introspection. Il peut m’arriver de m’évader ainsi pendant plusieurs jours, avec une perte totale de la conscience sociale, qui pourtant m’est si chère. Le retour à la réalité, réel uppercut électrochimique, se fait souvent dans une torpeur excessive, en réaction au « malaise de la civilisation ».

Dans « IN SITU », j’ai voulu illustrer la pluralité des évasions. Certaines personnes choisissent un endroit agréable et à l’écart pour naviguer seules, alors que d’autres sont contraintes dans un espace physique, fermé. Dans tous les cas, l’absence mentale propulse la conscience de l’individu hors du décor, vers un univers intime. L’enveloppe corporelle n’est alors plus qu’un objet qui appartient au lieu. Je capte et je collectionne ces instants dans mes images, mon ambition est de les exposer et de faire se questionner le spectateur sur la nature du voyage intérieur.

Pour construire cette série, je cherche l’angle de l’anti-théâtralité afin de permettre aux personnages d’éviter toute confrontation avec le spectateur. La pose suggère l’oubli de soi, « l’absorbement ». L’objectif est de pouvoir captiver le spectateur et susciter l’empathie.

Contrairement aux apparences, l'intégralité de ces images sont des instants volés. Ces « photos de rue » sont prises au hasard de mes voyages, ce qui explique leur rareté, pour une série que j’ai commencée en 2010. Destinées à être exposées en grand format, ces images invitent à se questionner sur le rapport à l’espace physique et par extension à la société qui nous entoure. Le lieu de l’exposition lui-même importe, car les images ont leur propre vie, elles se détachent ou s’accordent, comme bon leur semble. En résonance. In situ.


Références pour cette série :

  • Fine Art Photography Awards 2018 (nominée catégorie Street Photography)
  • EyeEm new talents awards 2017 (Berlin)
  • MIFA 2015 (Moscou)
  • Voir la page BIO pour plus d'évènements autour de cette série.

    Circonstances
    Hub
    Limites (1/2)
    Cadre
    Wars
    Syrenka
    La marche
    Ecran (1/2)
    Ecran (2/2)
    Blanc